Au secours, mon enfant dort mal !

Sommeil / Enfants

Si le sommeil est primordial pour la santé de chacun, il est d’autant plus important chez le bébé et l’enfant. Un sommeil suffisant, en quantité comme en qualité, assure à l’enfant un bon développement physique et intellectuel. Les troubles du sommeil sont pourtant fréquents au cours de l’enfance. Apprenons à les connaître pour mieux les traiter…

Ah les joies des jeunes parents : les journées pleines de gazouillis, de sourires et de découvertes… Et les cernes qui se creusent à mesure que les nuits passent, toujours plus courtes, toujours plus chaotiques ! Car il y a mille raisons pour que votre bébé dorme mal et par conséquent vous aussi.

« Heureusement, cela ne dure que les toutes premières années !», pensez-vous pour vous donner du courage. Détrompez-vous, les troubles du sommeil peuvent survenir tout au long de l’enfance, période pourtant charnière dans la construction de la structure du sommeil de chaque individu. Petit tour d’horizon de ces troubles les plus fréquents…

Les besoins en sommeil chez l’enfant, de 0 à 12 ans 

Les récentes recommandations de l’American Academy of Sleep Medecine permettent d’évaluer le temps de sommeil nécessaire à l’enfant, variable selon son âge et son rythme biologique.

  • De 0 à 4 mois : 14 à 17 heures de sommeil, sachant que la structure du sommeil est particulière chez les nouveaux nés. Durant les tous premiers mois de vie, ils ne font pas encore la distinction entre le jour et la nuit et leur sommeil, composé de nombreux cycles courts, est morcelé par période de 3 ou 4 heures.
  • De 4 à 12 mois : 12 à 16 heures de sommeil par jour, réparties entre la nuit et les siestes.
  • De 1 à 2 ans : 11 à 14 heures de sommeil par jour, toujours réparties entre la nuit et les siestes.
  • De 3 à 5 ans : 10 à 13 heures de sommeil par jour. Certains enfants ont encore besoin d’un temps de repos en journée, mais progressivement la sieste disparaît.
  • De 6 à 12 ans : 9 à 12 heures de sommeil par jour.

 (source : AASM, juin 2016) 

Les troubles du sommeil chez le bébé (0-3ans) :

- Rythme naturel : Votre enfant dort peu (en tout cas moins que ne l’espériez !) mais il est en forme, grandit bien, se réveille de lui-même et de bonne humeur ? Pas d’inquiétude, c’est tout simplement un « petit dormeur » !

- Perturbations émotionnelles :

  • Stress et/ou énervement : On compare souvent les enfants à des « éponges à émotions »… et c’est vrai ! Un bébé, si petit soit-il, ressent les émotions des personnes qui l’entourent. Si vous êtes vous-même stressé ou appréhendez le moment du coucher, il y a des chances que votre enfant le ressente et qu’il soit à son tour stressé et énervé. Mais pas de panique car l’inverse est tout aussi vrai : plus vous serez détendu, plus votre enfant le sera lui aussi ! Pour préparer l’enfant au sommeil, il est important de le placer dans les meilleures conditions possibles : lumières douces, ambiance calme, mise en place de rituels et régularité des horaires de coucher devraient grandement aider…
  • Sur-stimulation : Difficile de se rendre compte de tout ce qu’un bébé découvre chaque jour. Les nouvelles données à traiter quotidiennement sont énormes et le petit cerveau chauffe à toute vitesse pour assimiler et classer tout ça ! Alors quand vient la fin de la journée, il est préférable de proposer à l’enfant des activités calmes et tranquilles, ne demandant pas de trop gros efforts cognitifs, et d’appliquer les conseils précédemment cités pour préparer le bébé à accueillir le sommeil sereinement.
  • Angoisses, terreurs et cauchemars : Les jeunes enfants font face à plusieurs phases de développement un peu éprouvantes pour le sommeil, le leur comme celui des parents.
    L’angoisse de séparation d’abord, qui apparaît aux alentours des 8 mois de l’enfant, quand il prend conscience qu’il est un petit être à part entière, distinct de ses parents. Il supporte alors mal les moments de séparation, et le coucher en est un… Cette période est tout à fait normale mais peut durer quelques mois. Les terreurs nocturnes, perturbent aussi les nuits des tout petits. Ces cauchemars particuliers et assez impressionnants sont habituellement observés entre 18 mois et 4 ans. Là encore, il s’agit d’un phénomène assez banal qui touche en moyenne 40% des enfants. Ces terreurs surviennent généralement en début de nuit, pendant le sommeil profond, et ne laissent aucun souvenir au réveil. Il est à noter que les enfants sujets aux terreurs nocturnes sont plus enclins à développer d’autres troubles du sommeil tels que somnambulisme ou somniloquie. Les cauchemars se rencontrent dès l’âge de 2 ans. Comme tout le monde, les jeunes enfants font parfois des cauchemars. Mais à l’inverse des « grands », ils ne font pas encore très bien la distinction entre le réel et l’imaginaire et peuvent avoir du mal à sortir du cauchemar pour réussir à se rendormir. Patience, explications et gros câlins seront les bienvenus pour les rassurer !

Le reflux gastro oesophagien (RGO) : Le reflux gastro-oesophagien est fréquent chez les nourrissons car leur cardia (l’anneau qui empêche les aliments de remonter de l’estomac vers la bouche) est encore immature. Il s’agit souvent de reflux gastro-oesophagien simple, c’est-à-dire que le bébé a des régurgitations sans gravité ni incidence aucune. On parle de reflux gastro-oesophagien compliqué quand d’autres symptômes s’associent aux régurgitations, notamment des troubles du sommeil. Des solutions existent pour soulager ou diminuer cet inconfort (surélever la tête de l’enfant lors du couchage, fractionner les repas, épaissir le lait des biberons…) 

Coliques, poussées dentaires, maladies enfantines : C’est le lot de tous les très jeunes enfants, et par la même celui de tous les parents… Dans ces cas-là, rien à faire si ce n’est prendre son mal en patience et se préparer à de fréquentes visites chez le pédiatre !

Les troubles du sommeil chez l’enfant (4-12ans)

Rythme naturel : Si votre bébé était déjà un petit dormeur, il y a tout à parier qu’il le reste en grandissant. Alors si votre enfant dort deux heures de moins que les copains, mais que cela ne perturbe en rien son développement (croissance, apprentissage, humeur), pas d’inquiétude. Consolez-vous en vous disant que dans quelques années, il pourra vous préparer de super petits déjeuners pendant que vous prendrez le temps de bien vous réveiller !

Perturbations émotionnelles :

  • Stress, énervement : Certaines périodes (rentrée, déménagement, changements divers…) sont sources de stress. Selon le tempérament de l’enfant, cela peut lui causer des difficultés à l’endormissement ou des insomnies. Il est primordial d’aider l’enfant à trouver plus rapidement le sommeil en appliquant quelques règles simples : pas d’écran le soir, ambiance et activités calmes, repas équilibré, complet mais léger… Il est possible d’y associer des solutions douces et naturelles telles qu’homéopathie, tisanes, exercices de sophrologie ou de yoga adapté à l’âge et aux capacités motrices de votre enfant
  • Angoisses, cauchemars : Si ces difficultés de sommeil durent, le mal être est peut-être plus profond. Encouragez votre enfant à verbaliser et n’hésitez pas à recourir à un professionnel de santé si vous jugez que la situation l’exige. Vous pourrez en fonction de cela déterminer comment aider le mieux votre enfant à retrouver la sérénité.

Les maladies respiratoires, ennemies du sommeil de l’enfant

Les maladies respiratoires sont une cause, fréquente mais pourtant souvent négligée, de troubles du sommeil chez l’enfant. 

-  Asthme et rhinite allergique :

L’asthme est la maladie pédiatrique chronique la plus répandue en France, avec près de 10% d’enfants touchés. Parmi les symptômes évocateurs : toux, sifflements, encombrement bronchique…

Le caractère principalement nocturne de la maladie a des répercussions importantes sur le sommeil, provoquant des réveils en pleine nuit ou un sommeil troublé, de moindre qualité. Il est donc essentiel de traiter et d’apprendre à contrôler cette pathologie, afin d’en minimiser les conséquences.

Apnées du sommeil : Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil se rencontre dès l’enfance. Comme chez l’adulte, il se caractérise par des épisodes d’obstruction partielle ou complète des voies respiratoires supérieures durant le sommeil mais ses mécanismes, ses effets secondaires et ses traitements diffèrent.

La cause la plus fréquente du SAOS chez l’enfant est l’hypertrophie des amygdales (gorge) ou des végétations (naso-pharynx), qui obstruent le passage de l’air lorsqu’ils sont trop volumineux. Grâce à l’ablation de ces tissus, l’enfant retrouve généralement une bonne qualité de sommeil.

70% des enfants apnéiques présentent également une mandibule (mâchoire inférieure) trop courte ou un maxillaire (mâchoire supérieure) trop étroit. Pour corriger cela, des traitements ou opérations orthodontiques sont envisageables, en fonction des cas.

Enfin, l’embonpoint est également un facteur favorisant le SAOS. Il faut donc veiller à avoir une alimentation saine et à faire de l’exercice physique.

Le syndrome d’apnée du sommeil, bien que méconnu, ne doit pas être négligé : il toucherait jusqu’à 5% des enfants. Non traité, il peut entraîner une fatigue chronique, retarder la croissance, et favoriser un trouble de l’hyperactivité ainsi que  des troubles des apprentissages. Alors si votre enfant est fatigué même après une nuit complète, que vous constatez des ronflements, une respiration forte ou bouche ouverte, voire des pauses dans la respiration durant son sommeil, consultez un médecin pour des explorations à ce sujet.

 

Il y a donc tout un tas de causes qui perturbent le sommeil de l’enfant, mais il y a tout autant de solutions…  Car rassurez-vous : tous ces troubles, des plus anodins aux plus perturbateurs, peuvent être traités. Alors dormez tranquille !