Comprendre l'asthme et son impact sur le sommeil

Sommeil / Maladies Respiratoires

Ce 1er mai 2018 n’était pas seulement dédié aux manifestations et au muguet, c’était aussi la date de la Journée Mondiale de l’Asthme, promue en France en particulier par l’association Asthme et Allergies. L’occasion de revenir sur cette maladie répandue et pourtant encore mal connue.

Les chiffres de l’asthme

Avec plus de quatre millions de personnes souffrant d’asthme en France, cette maladie affectant les poumons et la respiration est largement répandue. Elle est même la première maladie chronique chez l’enfant, avec près de 10 % d’enfants asthmatiques. Elle a pourtant encore tendance à être méconnue ou banalisée, malgré des conséquences parfois dramatiques, puisqu’elle est responsable de près de 1 000 décès par an.

À un moindre degré de gravité, la maladie peut impacter tout de même au quotidien la qualité de vie des patients.

De plus, les récentes études ne sont pas rassurantes : alors qu’on estime à environ 235 millions le nombre de personnes asthmatiques dans le monde, ces chiffres n’ont cessé d’augmenter au cours des vingt dernières années, et nos modes de vies, notamment l’exposition à la pollution extérieure et intérieure, concourent à une augmentation encore à venir…

 

L’asthme, c’est quoi ? 

Définition, explications :

Du grec « asthma » signifiant « essoufflement », l’asthme est une maladie chronique qui se caractérise par une inflammation des voies respiratoires, au niveau des bronches et des bronchioles. Durant la crise, les bronches se contractent et provoquent une réaction inflammatoire locale ainsi qu’un épaississement des parois bronchiques, qui s’accompagnent d’une sécrétion importante de mucus et d’une bronchoconstriction (c’est-à-dire que le muscle autour de la bronche se resserre, entrainant une diminution du diamètre des bronches). La gêne respiratoire varie en fonction de l’intensité de la crise, elle se traduit par une respiration difficile et obstruée, souvent sifflante, parfois ce ne sont « que » des quintes de toux, un essoufflement et une sensation d’oppression dans la poitrine.

Pour une personne non asthmatique, ce serait comme de respirer à travers une petite paille lors d’un effort physique… 

Les causes de la maladie

L’asthme est une maladie multifactorielle déclenchée par la combinaison entre une prédisposition génétique et une exposition à des facteurs favorisants, tels que le contact à des allergènes (acariens, poussière, pollens, poils d’animaux, moisissures…), l’inhalation de substance polluantes et irritantes (fumée de tabac, peintures, colles et autres composés organiques volatiles, particules fines, pesticides…). Ces facteurs dits « favorisants » favorisent donc la réaction allergique et augmentent le risque de devenir asthmatique. 

Chez le patient déjà asthmatique, la crise est déclenchée par les facteurs dits « déclenchants » tels que les infections virales (rhume, grippe…), une réaction allergique alimentaire, la prise de certains médicaments (aspirine, anti-inflammatoires non stéroïdiens…), un effort physique intense, le stress… Les causes de l’asthme peuvent être diverses et différentes selon les personnes, mais l’allergie est en cause dans 80 % des cas chez l’enfant et 60 % des cas chez l’adulte.

(Source : Site ameli.fr)

Ça se soigne ?

L’asthme ne se « guérit » pas, mais on peut toutefois apprendre à bien connaître et apprivoiser la maladie, afin d’en limiter son impact sur la qualité de vie. Pour réussir à prévenir les crises, diminuer leur fréquence et leur gravité, il est nécessaire d’identifier leurs facteurs déclenchants (et variables selon les personnes), afin de pouvoir les appréhender ou les éviter autant que possible. (Il est également essentiel de prendre un traitement de fond lorsque celui-ci a été prescrit, et de toujours surveiller le bon contrôle de son asthme par la mesure du souffle.)

Il est très important de consulter son médecin, ainsi qu’un pneumologue afin de confirmer le diagnostic, puis de réaliser un bilan allergologique et respiratoire et d’avoir un suivi régulier : l’asthme étant une maladie très variable dans le temps, le traitement doit toujours être adapté.

Il est aussi essentiel de savoir comment réagir en cas de une crise en ayant toujours son traitement avec soi. L’association Asthme & Allergies met gratuitement à disposition des patients une carte « Crise d’Asthme – Agir » qui récapitule la conduite à tenir en cas de crise sévère.  

Afin de faciliter l’éducation thérapeutique, il existe également un peu partout en France des « écoles de l’asthme », qui accueillent les patients pour les aider à acquérir les connaissances et les bons réflexes. (Liste des écoles de l’asthme

 

Et le sommeil, dans tout ça ?

Asthme et troubles du sommeil :

Comme toute pathologie, l’asthme peut altérer la qualité du sommeil. En cause : les crises survenant le soir ou la nuit (souvent déclenchées par l’exposition aux acariens présents dans la literie, pour les patients y étant allergiques), qui provoquent inévitablement des difficultés à dormir ou des réveils forcés. 

Mais si l’asthme favorise des troubles du sommeil, l’inverse est aussi vrai…

Une récente étude menée par l’équipe de l’Université norvégienne de sciences et de technologie, à Trondheim, a conclu que les troubles du sommeil influeraient directement sur la survenue de l’asthme. En travaillant auprès d’un échantillon de près de 18 000 adultes âgés de 20 à 65 ans pendant 11 ans, les chercheurs ont ainsi montré que ceux d’entre eux qui déclaraient souffrir d’insomnies chroniques avaient trois fois plus de risques de devenir asthmatiques, de par l’accumulation dans le temps des effets nuisibles provoqués par l’insomnie sur les voies respiratoires. (Source : European Respiratory journal, février 2017)

Le lien entre asthme et apnée du sommeil

Une autre étude, débutée en 1988 et menée cette fois par une équipe de chercheurs de l’Université du Wisconsin auprès de plus de 547 adultes âgés de 30 à 60 ans, a quant à elle établi un lien entre l’asthme et le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS). Les participants à l’étude, dont certains étaient asthmatiques, ont été suivi durant 25 ans et ont été régulièrement testés à l’aide de questionnaires et de polysomnographies, un examen médical réalisé durant le sommeil et visant à en déterminer certains troubles dont le SAOS.

Cette étude révèle un risque de souffrir d’apnée du sommeil augmenté à 40 % parmi les personnes asthmatiques, comparé à la population générale dont le risque est de seulement 6 %.

Ce résultat ajouterait donc l’asthme à l’éventail des pathologies accompagnant fréquemment l’apnée du sommeil, comme l’obésité, l’hypertension ou le diabète…

(Source : JAMA – Journal of the American Medical Association, janvier 2015)

Et chez l’enfant

Les enfants asthmatiques sévères chez qui le syndrome d’apnée du sommeil a été détecté et traité voient une amélioration significative de leur maladie. Ce qui plaide en faveur d’une recherche systématique lors de la consultation, à l’interrogatoire et à l’examen clinique, d’un syndrome d’apnée du sommeil, surtout si l’asthme est sévère et/ou mal contrôlé. 

Rappelons tout de même qu’il est actuellement possible de vivre au mieux avec cette maladie, et que les nombreuses recherches et découvertes médicales sur le sujet devraient apporter encore beaucoup de solutions aux malades pour le futur !